SANTANA : Santana III (1971).
Caravanserai : (1972).
Lotus (1974).
SANTANA, instantanément et à l'unanimité : un Nom Magique.
Celui du guitariste Carlos SANTANA. De très longue date, un des Acteurs de la Musique POP désormais parmi les plus facilement identifiables par tout un chacun et, par voie de conséquence, parmi les plus connus à travers le Monde.
La genèse de cette célébrité, voilà, précisément, le point auquel je vais me consacrer dans cette nouvelle Chronique. Je ne doute pas un seul instant du fait que cela devrait vous intéresser.
D'emblée, je n'hésite pas à le concéder : l'incroyable notoriété universelle de SANTANA représente un allié précieux pour m'aider à mener à bien, sans trop de difficultés, cette nouvelle tâche.
Pourtant, cette renommée ne doit certes rien au hasard…
Mais, tout d'abord, une mise au point quant à ce Nom !
Puisqu'il s'agit tout autant (surtout !!) de celui affiché, dès ses tonitruants débuts, par un véritable Groupe, extraordinaire en tous points !
Ce dernier qualificatif s'impose. Plus particulièrement, si l'on considère et on analyse sa toute première période d'existence… tout spécialement.
Celle qui recouvre tous ces somptueux Albums du SANTANA des origines.
Des Albums qui s'enchainèrent sur un rythme totalement effréné, dès la fin des Sixties, jusque vers le milieu des Années Soixante Dix.
Non pas que la suite ou le reste soient à dédaigner ou à mépriser (comme le déclament ou le soutiennent, trop souvent, certains «blasés» de la POP Musique !) : en tout état de cause et dans la majorité des cas, le niveau ne manquera pas de demeurer toujours «honorable», voire «intéressant». Lorsqu'il n'atteindra pas, tout bonnement et régulièrement, le statut de «remarquable».
Pour ce qui concerne ces tout premiers Albums, je me rallie très volontiers aux appréciations souvent élogieuses et quasi unanimes les concernant : ils nous offrent, à l'évidence, quelque chose de plus que tous ceux qui les suivirent.
Ils représentent et symbolisent, en quelque sorte mais à merveille, toute cette Epoque.
Je vais scander cette dernière, quelque peu «artificiellement» bien sûr. Surtout, dans l'espoir et la perspective de vous en suggérer l'incessant Tourbillon musical généralisé. Tel qu'il régnait, à l'évidence et presque partout, à travers une partie du Monde d'alors !
Quid, de l'Epoque en question ?
Après la véritable déferlante, tout autant musicale qu'amicale, à l'actif de la première British Invasion (1963/1965) :
- en «contre attaque», celle enclenchée aux ETATS-UNIS par la Soul et le Rhythm'n'blues (1966), majoritairement localisés au sein des Labels Tamla Motown, Atlantic et autres Stax…
- celle, ensuite, générée par la vague du Psychédélisme et du Flower Power(1967), avec, pour triste toile de fond, les débuts de l'implacable, de la terrible Escalade, dans la Guerre du VIETNAM (1968). Puis des réactions salutaires que cette dernière engendre dans la Jeunesse américaine et, plus particulièrement pour ce qui nous concerne, dans le Protest Song,
- celle, enfin, résumée et symbolisée par le légendaire Festival de WOODSTOCK (1969).
Mais également une Epoque marquée (parmi tant d'Autres !!) par The BEACH BOYS, Bob DYLAN, Joan BAEZ, The BYRDS, Janis JOPLIN, Jimi HENDRIX…
… Puis, par les toutes premières expériences Jazzy à mettre à l'actif du CHICAGO (à ses débuts : également TRANSIT AUTHORITY) et du BLOOD SWEAT and TEARS…
… Enfin, par les nouvelles impulsions Jazz-Rock insufflées par Miles DAVIS, puis pérennisées par le WEATHER REPORT, le MAHAVISHNU ORCHESTRA etc.
A son niveau, au milieu de tout ce bouillonnement musical réellement tous azimuts, de cette inimaginable effervescence permanente, SANTANA ne dénote ni ne détonne, certes pas.
Bien au contraire, à son niveau, le SANTANA BAND y participe pleinement.
Cela, dès ses toutes premières apparitions. Essentiellement matérialisées par des prestations très remarquées, dans les différents Amphithéâtres et autres endroits branchés, innombrables dans l'avant-gardiste Scène californienne… de ces folles années-là !
Grâce à sa touche, nouvelle et originale. Avec son style propre, tout en métissages : élaborés à partir de percussions et autres rythmes latinos - essentiels ! - mais, très rapidement aussi, d'indiscutables influences jazzy, parfois même flirtant avec un certain mysticisme.
Pourtant, tout le contraire de ce qui pourrait s'apparenter à un «fourre-tout» musical qui sombrerait, inéluctablement, dans l'artifice et la facilité.
Les principaux Thèmes - la plupart essentiellement originaux - composés, collectivement ou individuellement, par Carlos SANTANA et quasiment tous ses Musiciens (qu'ils soient permanents ou successifs, au sein d'un Groupe, en ébullition permanente !), s'affirment systématiquement du meilleur cru.
Pour certains, je ne crains pas de les qualifier d'authentiques nouveaux Chefs-d'œuvre.
Comment appréhender simplement ou autrement : Jingo, Soul Sacrifice, Black Magic Woman/Gypsy Queen, Samba Pa Ti, Toussaint L'Overture, Every Step Of The Way ?
J'ai évoqué, plus haut, le tourbillon généralisé, caractéristique de toute cette Epoque.
Presque inévitablement, il traverse également et continûment les rangs du Groupe. Dissensions larvées ou déclarées. Disputes. Alcool et drogue. Les sempiternels ingrédients de la discorde, latente ou ouverte !
Car il faut bien comprendre que la Formation originelle s'apparentait davantage à un formidable Collectif, sensé «démocratique» et composé de fortes personnalités, plutôt qu'à une simple Entité, possession, propriété ou apanage exclusifs de Carlos SANTANA.
Que le recul actuel ne nous trompe pas : il s'agissait bien d'un Groupe, à part entière !!
Je devrais plutôt nuancer mon propos : de Groupes successifs.
Inexorablement, en effet, dès le troisième Album (le… Santana III !) les Musiciens vont commencer à se succéder à un rythme assez incroyable. Pour autant, sans que cela ne gêne ou n'entrave vraiment la fertilité ni la créativité de ce Collectif… véritable caméléon musical.
D'ailleurs, ce qui demeure frappant : pour la plupart d'entre eux, les carrières de tous ces Musiciens ne faisaient alors que commencer. Preuve supplémentaire, si besoin était, de leur indéniable potentiel qualitatif.
C'est ainsi que Greg ROLLIE (claviers/chant et authentique pilier en second, dès les débuts de la Formation) et Neil SCHON (jeune guitariste prodige de 17 ans et 2ème soliste, sur le Santana III) s'en iront pour fonder le Groupe JOURNEY… (à son tour et accessoirement au passage, JOURNEY vendra… quelques millions d'Albums, tout au long de sa carrière !).
Je ne peux pas ne pas évoquer non plus José «Chépito» AREAS, percussionniste génial (assurant les timbales et tout le reste !) et à la contribution tellement décisive dans le «son» SANTANA, unique dès la première mouture.
Ni oublier le fabuleux jeune batteur Michael SHRIEVE (20 ans en 1969 !!) dont la prestation live sur le Soul Sacrifice, filmée au Festival de WOODSTOCK, constitue, à elle toute seule, un moment d'Anthologie pure. Elle scelle, à l'évidence, un des pics absolus de ce Festival, demeuré à ce jour tout autant mémorable qu'inégalé.
Sans négliger, le moins du monde, le bassiste David BROWN, ni tout autant Michael CARABELLO, le second percussionniste (chargé des congas et de la suite !) !!
Bref, tous les ingrédients semblaient largement réunis pour que cela marche !
Mais cela n'a jamais rien garantit, par ailleurs. Cela ne suffit pas toujours…
Entouré de tous ces fabuleux Musiciens, Carlos SANTANA nous a légué des Albums mémorables, constellés de sublimes Perles dont la qualité constante n'eut d'égale que l'énergie imaginative.
Prenez, par exemple, le merveilleux thème Every Step Of The Way (signé par Michael SHRIEVE !) : les versions studio (Caravanserail) et live (Lotus) pourraient figurer, sans l'ombre d'un doute ou d'une hésitation, dans le meilleur Best Of possible du Groupe.
Ou celui, plus large, de la Pop, tellement flamboyante de ces incroyables Années-là.
Comme chacune des rééditions constituant cette prestigieuse Série baptisée «Legacy Edition», le Santana III nous propose (disque 2) l'intégralité d'un Concert, à l'actif du SANTANA BAND, quasi contemporain de la sortie de l'Album Studio (antérieur de quelques semaines à la parution du SANTANA III, pour être précis !).
Enregistré au Fillmore West le 04 Juillet 1971, il nous démontre la Maestria musicale assez effarante, basée sur l'homogénéité sans failles d'une Formation pourtant relativement jeune : elle affichait à peine deux années d'existence… tumultueuse !!
Une autre chose m'épate toujours : la formidable Qualité technique régnant sur l'ensemble de ces enregistrements, y compris les Live ! Surtout celle proposée à la faveur de ces récentes Versions Imports et Remasterisées.
Mais, j'ai déjà eu l'occasion d'attirer tout particulièrement votre attention sur le véritable travail d'orfèvre, systématiquement réalisé en la matière par nos Amis Japonais de SONY. Actuel propriétaire du fabuleux Label Columbia, qui recèle, par ailleurs, tant d'indiscutables Joyaux de la Musique, le Géant nippon assume ses responsabilités et assure la Pérennité !
Prenez-moi au mot : écoutez donc (évidemment, si votre environnement ou votre voisinage vous l'autorise, avec un très bon niveau sonore de préférence !!) Batuka et Toussaint L'Overture, sur la version spécialement remasterisée et proposée par la «Legacy Edition» du Santana III, telle que vous la soumettent mes Amis de JAZZYBIRD.
Enchainez, «à fond les manettes», avec Savor, Para Los Rumberos et Gumbo : il s'agit des trois dernières plages du Concert, matérialisant le disque 2, bonus de cette Edition.
Le Groupe survolté (mais parfaitement soudé et cohérent !) se déploiera dans votre pièce d'écoute.
Un fabuleux test pour votre Système Haute Fidélité.
Un pur Moment de Bonheur Musical !
Le soin extrême apporté à chacune de ces Rééditions s'avère absolument remarquable.
En cas d'hésitation de votre part : la palme indiscutable en revient au triple Album Lotus, reproduit à l'échelle CD mais à l'identique et dans les moindres détails du somptueux vinyle original.
Une fois totalement déployé, ce dernier occupait une surface impressionnante, posé sur une table ou… à même le sol !
Un Must ! Un véritable Collector, que ce Lotus !!
Martial HERNANDEZ.
P.S. Mes recommandations ne sauraient se limiter à ces trois indispensables Rééditions.
Sans exception, tous les magnifiques Albums de cette Période, particulièrement envoûtante, s'avèrent complémentaires et pratiquement indissociables.
Il nous faut les appréhender, dans le contexte global de l'évolution naturelle de SANTANA. Celui de la progression rapide et irrésistible d'un Groupe, en route vers son accomplissement musical, gage de sa reconnaissance planétaire.
Hautement estimables, ils participent de plein droit à la véritable Légende SANTANA !